Internes en médecine : comment utiliser sa valeur ajoutée dans le remplacement médical.

2 avril 2025 -

Ces jeunes médecins sont en immersion totale et pratiquent la médecine depuis plusieurs années. Même s’ils n’ont pas encore passé leur thèse, ils disposent de toutes les compétences nécessaires pour effectuer des remplacements.

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Le remplacement médical en libéral est une pratique essentielle pour assurer la continuité des soins. Parmi les professionnels amenés à réaliser ces remplacements, les internes en médecine occupent une place particulière. Cependant, leur légitimité fait parfois l’objet de débats : entre leur jeune expérience et des compétences académiques récentes, quel est leur rôle et leur valeur ajoutée dans le remplacement médical en libéral ?

Qu’est-ce qu’un interne en médecine et à partir de quand peut-il remplacer ?

Un interne en médecine est un étudiant en fin de cursus universitaire. Il a validé le deuxième cycle des études médicales et réussi les épreuves classantes nationales (ECN), ce qui lui permet d’intégrer un diplôme d’études spécialisées (DES). Pendant plusieurs années, l’interne alterne entre formations théoriques et stages en milieu hospitalier ou ambulatoire, sous la supervision de médecins seniors.

Les internes en médecine peuvent commencer à effectuer des remplacements à partir de la fin de leur troisième année d’internat, sous réserve d’obtenir une licence de remplacement délivrée par le Conseil départemental de l’Ordre des Médecins. Cette dernière atteste de leur capacité à exercer de manière autonome dans le cadre de remplacements temporaires. Ce statut leur permet d’acquérir une première expérience de la médecine libérale avant d’envisager une installation définitive.

Les conditions pour effectuer un remplacement en libéral

Avant de pouvoir débuter un remplacement en tant que médecin remplaçant, les internes doivent remplir plusieurs conditions administratives et réglementaires :

  • Obtenir une licence de remplacement : Cette autorisation est délivrée par le Conseil de l’Ordre des Médecins sur présentation d’un dossier comprenant notamment l’attestation de validation de la troisième année d’internat et l’accord du directeur de l’UFR de médecine.
  • Créer son statut à l’URSSAF : L’interne doit s’enregistrer comme travailleur indépendant auprès de l’URSSAF pour pouvoir déclarer ses revenus. Cette inscription leur permet d’obtenir un numéro SIRET indispensable à l’exercice en libéral.
  • Souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle (RCP) : Une couverture est obligatoire pour se protéger en cas de litige ou d’erreur médicale. Le remplacement médical implique une prise en charge autonome des patients, ce qui rend cette assurance essentielle.
  • Signer un contrat de remplacement : Avant chaque mission, un contrat doit être établi entre l’interne et le médecin remplacé, précisant les modalités du remplacement (durée, rétrocessions d’honoraires, conditions d’exercice, etc.).

Il est également recommandé aux internes de s’informer sur les aspects administratifs et comptables du remplacement en libéral. En effet, la gestion des cotisations sociales, des impôts et de la facturation peut s’avérer complexe.

Si vous débutez les remplacements pour la première fois, vous pouvez télécharger notre guide dédié au premier rempla.

Jeune expérience et valeur ajoutée des internes : prendre confiance en soi et montrer ses atouts.

Les internes en médecine, en fin de cursus universitaire, ont déjà une expérience significative, acquise lors de leurs stages hospitaliers et ambulatoires. Pourtant, leur manque d’années de pratique clinique autonome suscite parfois des interrogations de la part des médecins installés et/ou des patients.

Acquérir de l’expérience pour gagner en autonomie

Les internes sont souvent perçus comme ayant moins d’expérience que leurs confrères déjà installés. Leur formation est principalement encadrée par des praticiens séniors, et ils n’ont pas toujours eu l’occasion de gérer seuls des situations complexes en libéral. Cette situation peut poser question quant à leur capacité à prendre des décisions médicales en toute indépendance.

Les patients peuvent également exprimer une certaine réticence à être pris en charge par un médecin encore en formation. Ce manque de confiance initial peut être un frein pour les internes qui doivent prouver leurs compétences sur le terrain. Cependant, se retrouver seul durant les remplacements leur demande de redoubler de vigilance, de prendre confiance en eux et leur permet d’acquérir cette autonomie.

Une adaptabilité et une formation continue

Toutefois, ce manque d’expérience est largement compensé par une adaptabilité et une capacité d’apprentissage accrues. Les internes sont habitués à travailler dans des environnements variés et à intégrer rapidement de nouvelles pratiques. De plus, leur formation récente leur permet d’avoir une vision actualisée de la médecine, intégrant les derniers protocoles et recommandations.

De nombreux médecins installés apprécient la présence d’un interne en remplacement, car il apporte un regard neuf sur la prise en charge des patients. Son dynamisme et sa volonté de bien faire constituent des atouts indéniables.

Un savoir actualisé : la force des internes face aux médecins plus expérimentés

Comme nous l’évoquions plus haut, les internes en médecine ont suivi un enseignement intégrant les dernières avancées scientifiques et technologiques. Cela leur donne un avantage certain dans la pratique lorsqu’ils remplacent des médecins installés depuis plusieurs années.

Maîtrise des dernières recommandations et innovations

Avec l’évolution constante des connaissances en médecine, certains praticiens peuvent ne pas avoir mis à jour toutes leurs connaissances. Les internes, eux, sont formés selon les dernières recommandations officielles et ont accès aux outils technologiques les plus récents, leur permettant d’apporter un regard neuf sur certaines pathologies et leur prise en charge.

L’utilisation des nouvelles technologies (télémédecine, applications mobiles, intelligence artificielle) fait également partie intégrante de leur formation. Ainsi, un interne peut parfois proposer des solutions modernes et efficaces que certains praticiens n’ont pas encore intégrées à leur pratique quotidienne.

Une approche différente de la relation patient

La nouvelle génération de médecins est davantage sensibilisée aux approches centrées sur le patient, avec une meilleure prise en compte des aspects psychologiques et sociaux de la santé. Cette dimension humaine, associée à un esprit plus collaboratif, est un atout dans le remplacement médical en libéral.

Les internes sont formés à la médecine basée sur les preuves (evidence-based medicine) et adoptent des démarches réflexives dans leur exercice clinique. Cette capacité à remettre en question certaines pratiques leur permet d’améliorer la qualité des soins.

Par ailleurs, la communication avec les patients est un aspect essentiel dans leur formation. Les internes sont sensibilisés aux attentes des nouvelles générations de patients, qui souhaitent être mieux informés et plus impliqués dans leur prise en charge.

Conclusion

Les internes en médecine ont toute leur place dans le remplacement médical libéral. Si leur manque d’expérience peut soulever certaines interrogations, ils compensent largement par leur adaptabilité, leur formation récente et leur connaissance des dernières innovations médicales. Leur contribution est essentielle pour assurer la continuité des soins et apporter un regard moderne sur la pratique de la médecine.

Pour les médecins installés, leur présence peut aussi être l’occasion d’échanger et d’intégrer de nouvelles pratiques bénéfiques pour leurs patients. Le remplacement médical par un interne est donc une solution à la fois pratique et enrichissante pour toutes les parties concernées.

En définitive, permettre aux internes de réaliser des remplacements, c’est aussi leur offrir une première immersion dans la médecine libérale et les encourager à envisager une installation future. Dans un contexte de désertification médicale, cette opportunité est un levier essentiel pour favoriser l’attractivité de l’exercice libéral et garantir l’accès aux soins pour tous.